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Parc
Jean-Drapeau.

park

Le Parc Jean-Drapeau s'étend au milieu du Saint-Laurent, à cinq minutes du centre-ville de Montréal, et est composé de deux îles : Sainte-Hélène et Notre-Dame. Cette géographie est tout l'intérêt du lieu — un trésor naturel et culturel suffisamment éloigné du rivage pour offrir une véritable échappatoire au bruit de la ville, mais assez proche pour y accéder sur un coup de tête. Il fonctionne à la fois comme réserve naturelle, terrain de sports, lieu culturel et scène pour des événements à grande échelle, avec un programme assez riche pour attirer chaque année des milliers de visiteurs en quête d'espaces verts, de divertissements ou simplement de découvertes. Son histoire est ancrée dans le paysage : l'Expo 67, les Olympiques de 1976, le Grand Prix de Formule 1 sur le circuit Gilles-Villeneuve, tous encore visibles dans le paysage.

Les îles offrent plus de 25 kilomètres de routes et de sentiers, accessibles en toute saison — le long de l'eau, vers le Mont Boullé près de la Tour de Lévis, à côté du ruisseau près de la Poudrière, à travers les Jardins des Floralies, ou autour du circuit de course lui-même. Les chiens sont les bienvenus en laisse, les photographes sont gâtés, et les espaces de pique-nique abondent : sur l'herbe au bord du lac à la plage Jean-Doré, ou à l'une des tables discrètes dans les jardins, chacune avec sa propre flore, sa vue unique sur les lacs ou le fleuve, et son havre de paix. Disséminées sur le territoire se trouvent les œuvres d'art public de la collection de la Ville de Montréal — autour de l'Espace 67, le long des sentiers des jardins des Floralies, au complexe aquatique et près de la Biosphère — dont beaucoup sont des cadeaux des pays ayant participé à l'Expo 67, d'autres fruits d'échanges culturels entre villes, tous rappelant l'ouverture internationale de longue date de Montréal. Le parc y a ajouté trois mosaïcultures monumentales, des sculptures horticoles composées de près d'un demi-million de fleurs et de plantes, désormais installées de façon permanente aux Jardins des Floralies. Pour ceux qui désirent du contexte en chemin, le Voyage des Îles est une application web couvrant plus de vingt points d'intérêt sélectionnés sur les deux îles, des œuvres d'art aux bâtiments patrimoniaux en passant par les hauts lieux sportifs.

L'eau domine l'été. Le complexe aquatique figure parmi les plus grands établissements en plein air de son genre au Canada, sa piscine de loisirs de 3 557 m² s'inclinant doucement vers un plancher en caoutchouc rembourré pour le confort et la sécurité des enfants, avec une zone de jeux aquatiques universellement accessible, des couloirs de nage ouverts au public, et un généreux espace ombragé pour ceux qui préfèrent se prélasser au soleil. La plage Jean-Doré ouvre une zone de baignade modulable de jusqu'à 15 000 m² sur du sable doré nettoyé quotidiennement, avec une surveillance étroite de la qualité de l'eau ; mouillée à proximité se trouve l'Aquazilla, une structure gonflable de 30 par 35 mètres parsemée d'obstacles, de glissades et de plates-formes d'où s'élancer. Des canoës, des kayaks et des pédalos sont disponibles pour naviguer dans les lagons, et la planche à pagaie peut s'apprendre ou se pratiquer sur l'eau calme à la plage ou sur la boucle de lagons autour des jardins des Floralies — de plus en plus souvent associée à du yoga ou de la méditation. Le meilleur, c'est qu'en soirée l'été, le complexe aquatique devient un cinéma en plein air : le Cinéma flottant vous invite à regarder un film depuis l'eau, flottant sur un anneau fourni, sans autre nécessité qu'un maillot de bain.

Se déplacer fait partie du plaisir. La Promenade fluviale du Grand Montréal trace environ 14 kilomètres de sentier pavé reliant Montréal, le parc, l'Île des Sœurs et les municipalités de la Rive-Sud, offrant une des rares occasions de traverser le Saint-Laurent à vélo, avec des vues spectaculaires sur les gratte-ciel et le fleuve ; elle se connecte à la fois à la Piste Trans-Canada et à la Route verte et fait partie de la Trame verte et bleue de la région. Des tours en navette électrique font le tour des îles à un rythme tranquille, avec un guide enregistré dans les deux langues officielles couvrant les origines du parc, l'Expo 67, les Olympiques, le Grand Prix et ce qui s'en vient, tandis que des trottinettes électriques sont disponibles pour ceux qui sont plus pressés. Et dominant tout cela sur le Mont Boullé se dresse la Tour de Lévis, un repère depuis les années 1930 : 157 marches mènent à une terrasse d'observation et à un panorama à 360 degrés embrassant les îles, l'immensité du fleuve, les gratte-ciel de Montréal et les collines de la Montérégie au-delà.

Sauvage par endroits et entièrement aménagé par d'autres, imprégné des fantômes de deux événements mondiaux et animé d'un troisième été par les nageurs, cyclistes et pique-niqueurs, le Parc Jean-Drapeau est le grand terrain de jeu insulaire de Montréal — et la façon la plus facile en ville de mettre de l'eau entre soi et le reste du monde.